Depuis 1976, Diego et Suzy Goldberg, et leurs enfants, sacrifient chaque année à l'étrange rituel de se prendre en photo. Une photo d'identité, pas jolie, qui ne raconte rien que ce qu'elle montre : un visage. Chaque année prendre une photo et mettre toutes les photos les unes à la suite des autres : à l'arrivée, 32 années, 32 lignes de photo, 32 lignes de visage et pour le regardant un étrange voyage à travers le temps, à travers les visages grandissant, murissant, vieillissant des individus. Un voyage fascinant, ironique et tendre, parfois profondément intime, terriblement angoissant de voir ainsi le temps à l'œuvre. Et on se prends à détailler les marques et à leur inventer une histoire, à batir un roman : que se cache-t-il derrière ces rides, derrière ces creux ? Fatigue passagère ou gros soucis ? On se prends à chercher à voir derrière les visages le passé, l'origine, la vie. Car c'est de ça qu'il s'agit : de vie. Preuve encore – s'il en était besoin – que les images d'homme – et de femme - que nous renvoient la publicité et les médias – l'homme beau fort musclé jeune - ont plus à voir avec des pensées mortifères qu'avec la vie elle-même….
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